BeeOdiversity: et si les abeilles avaient les clés de leur propre survie?

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Basée en Belgique, l’entreprise sociale BeeOdiversity accompagne les entreprises et les collectivités dans le développement de solutions naturelles pour restaurer la biodiversité en collaboration avec des partenaires très singuliers : les abeilles domestiques.

Alors que trois quarts de la production mondiale de nourriture dépendent des insectes pollinisateurs, les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25 % en Europe entre 1985 et 2005[1], notamment à cause du réchauffement climatique et de l’usage de pesticides, mais aussi de la pollution de l’air.

Et si les abeilles pouvaient contribuer à restaurer leurs écosystèmes et devenir ainsi actrices de leur propre protection ? C’est en tout cas le pari de BeeOdiversity, une entreprise sociale belge implantée à Bruxelles qui vise à restaurer la biodiversité en installant des ruches d’abeilles domestiques à des points stratégiques, tels que des captages d’eau ou des sites industriels. Comment ? En se servant de ces petits pollinisateurs pour analyser l’état de l’environnement à travers les particules qu’ils récoltent, involontairement, lorsqu’ils butinent des fleurs.

 

Une colonie, soit autour de 50 000 abeilles, peut butiner environ quatre milliards de fleurs par an en moyenne. Une fois déployées, elles rapportent dans leur ruche un échantillon de tout ce qu’elles butinent ou récoltent involontairement dans un rayon de 1,5 km. Cet échantillon prélevé de la ruche permet à BeeOdiversity de connaître avec précision les espèces végétales trouvées dans les environs, ainsi que leur quantité et leur qualité, ou encore de détecter la présence de métaux lourds, de pesticides et même la radioactivité.

 

L’entreprise partage ensuite ces informations précieuses sur l’environnement avec toutes les parties prenantes de l’écosystème, dont les mairies, les agriculteurs et les entreprises puis propose des pistes d’amélioration pour restaurer la faune et la flore locales. En bouclant la boucle, ces mesures visent à leur tour à favoriser la régénération d’espèces d’abeilles sauvages, encore plus menacées que leurs consœurs domestiques.

 

Cofondée par le docteur en agronomie Bach Kim Nguyen et trois associés en 2012, l’entreprise agit aujourd’hui sur une centaine de sites à l’aide de plus de 200 colonies d’abeilles domestiques. Pour ce faire, elle collabore principalement avec des entreprises telles que SUEZ, ainsi qu’avec des collectivités locales en Belgique, en France, en Espagne, au Royaume-Uni et bientôt aux Pays-Bas, et dans le Maine, aux Etats-Unis.

 

La réussite du modèle innovant de BeeOdiversity n’est plus à prouver. A titre  d’exemple, l’entreprise a lancé un projet d’analyse de l’environnement de la ville belge de Knokke-Heist en 2014. Depuis, le nombre d’espèces végétales favorables au développement des pollinisateurs au sein de la ville a triplé, et le niveau de pesticides a chuté considérablement, affirme l’entreprise. De ce fait, on y retrouve plus de nouvelles espèces de pollinisateurs, ce qui aura permis à la ville de Knokke de remporter le prix de la ville la plus « bee friendly » de Flandres à deux reprises.

[1] Source : Greenpeace

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Cet article a été écrit dans le cadre d'une série produite pour open_resource par Sparknews, une entreprise sociale française qui vise à faire émerger des nouveaux récits pour accélérer une transition écologique et sociale à la hauteur des enjeux de notre époque.

 

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