ChangeNOW 2020 : ces initiatives qui mettent la transition alimentaire en mouvement

Plus de 1000 exposants sont attendus à la première Exposition universelle des solutions pour la Planète qui se tiendra au Grand Palais de Paris du 30 janvier au 1er février. Parmi eux, trois innovations prometteuses œuvrent en faveur de la transition alimentaire.

La finitude des ressources est un enjeu qui se rappelle à nous de manière toujours plus pressante. Dès le 29 juillet 2019, nous avions consommé plus que ce que la Terre n’était en mesure de produire en un an, selon l’ONG américaine Global Footprint Network.

 

Poignant, ce constat frise le paradoxe lorsque l’on se penche sur la question de l’alimentation. La FAO estime que, depuis 2011, un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillée chaque année alors qu’une personne sur neuf souffre de malnutrition, selon le rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde publié en 2018. Dans ce contexte, des initiatives pour faire évoluer le système alimentaire commencent à voir le jour en France.  Certaines d’entre elles seront notamment présentes du 30 janvier au 1er février à la première Exposition universelle des solutions pour la Planète qui se tiendra au Grand Palais de Paris.

 

Fondée en 2018, la société Pandobac propose par exemple une alternative aux emballages jetables dans lesquels les marchandises alimentaires sont conditionnées. « En Ile-de-France, c’est près de 300 000 emballages qui sont jetés quotidiennement », explique Shu Zhang, co-fondatrice et CEO de l’entreprise. Pour y remédier, Pandobac développe un service de bacs réutilisables intégré sur l’ensemble de la chaîne de valeur ; du producteur au commerçant en passant par le livreur et le grossiste.

En plus de la location et du lavage des bacs proposés aux fournisseurs et aux distributeurs alimentaires, Pandobac les informe sur la thématique du gaspillage à travers un programme de formation qu’elle a développé. Avec près de 2 000 bacs circulants quotidiennement, Pandobac se déploie sur des périmètres volontairement restreints pour limiter l’impact environnemental lié au transport de ses emballages. Aujourd’hui implantée au marché de Rungis, la société prévoit l’ouverture de six nouveaux centres d’ici 2021.

                                                                 

© Pandobac

 

De son côté, l’entreprise Meal Canteen œuvre en amont du gaspillage dans le secteur de la restauration collective. Elle développe « un outil qui permet aux restaurateurs de réduire le gaspillage alimentaire tout en responsabilisant l’usager » explique Magalie Gretteau, en charge des grands comptes au sein de l’entreprise.


Sous la forme d’une application web et mobile, l’entreprise offre aux convives la possibilité de réserver gratuitement leur prochain repas auprès de leur restaurateur. Dans un secteur qui représentait en 2016 un million de repas perdus chaque année d’après l’Ademe, Meal Canteen aide ainsi les gestionnaires à optimiser l’achat et la production des denrées alimentaires en leur permettant d’affiner le nombre de repas à servir. Mais l’entreprise nourrit une ambition plus large : celle d’impliquer l’usager final dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, en lui permettant d’être pleinement acteur de son alimentation. Avec plus de 100 000 réservations à date, Meal Canteen s’apprête à déployer sa solution à l’échelle nationale cette année.

                                                       

© Meal Canteen

 

Dans quelle mesure les acteurs de la filière alimentaire peuvent également devenir acteurs de cette transition ? C’est la problématique de PUR Projet, qui s’emploie à montrer que la régénération et la préservation des écosystèmes est créatrice de valeur. « Depuis 2008, nous avons aidé environ 150 entreprises du monde entier à intégrer la problématique du climat dans leur chaîne de valeur pour protéger et restaurer les écosystèmes dont elles dépendent, en collaboration avec les communautés locales », explique Emmanuelle Hervéou, responsable de la communication, avant de préciser : « cette manière de compenser en interne l’impact environnemental et social d’une entreprise, nous l’avons baptisée insetting ». Une approche qui permet à ces entreprises de répondre aux attentes de leurs parties prenantes en générant des revenus supplémentaires pour les communautés locales, en sécurisant leurs approvisionnements et en protégeant l’environnement.

                                                         

© Clément Chapillon

 

Alors que l’ensemble de l’industrie alimentaire mondiale représentait 37% des émissions de CO2 en 2019 selon le GIEC, ce type d’initiatives dessine les contours d’une transition alimentaire capable de répondre aux enjeux environnementaux et sociaux contemporains.

 

Cet article a été écrit dans le cadre d’une série produite pour open_resource par Sparknews, une entreprise sociale française qui vise à faire émerger des nouveaux récits pour accélérer une transition écologique et sociale à la hauteur des enjeux de notre époque.

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