Améliorer la qualité de l’air dans le monde : un enjeu vital

(c) SUEZ/William Daniels

Selon l’OMS, « la pollution de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde » . Enjeu sanitaire majeur, la pollution atmosphérique a également un coût économique - la Banque Mondiale l’estime à environ 5000 milliards de dollars par an - et environnemental. Focus sur cette problématique au cœur des préoccupations des autorités publiques comme des citoyens.

Pollution de l’air : une réalité protéiforme

L’OMS définit la pollution de l’air comme « la contamination de l’environnement intérieur ou extérieur par un agent chimique, physique ou biologique qui modifie les caractéristiques naturelles de l’atmosphère. » Deux catégories de polluants atmosphériques se distinguent :

- les polluants primaires, issus directement des sources de pollution : monoxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, particules fines ou poussières en suspension (PM 2,5 et PM 10), métaux lourds, composés organiques volatils, hydrocarbures ...

- les polluants secondaires issus de réactions chimiques de gaz entre eux : ozone, dioxyde d’azote…

Alors qu’un adulte respire en moyenne 15 000 litres d’air par jour, la présence de ces polluants dans l’air peut contribuer au développement ou aggraver des maladies cardiovasculaires, maladies pulmonaires chroniques, infections respiratoires... Ainsi selon l’OMS, l’exposition à la pollution de l’air extérieur et intérieur conduit chaque année au décès prématuré d’environ 7 millions de personnes dans le monde, ce qui en fait désormais le quatrième facteur de décès prématuré à l’échelle mondiale. 

La pollution de l’air a également un impact sur les écosystèmes, contribuant notamment aux phénomènes de pluies acides et d’eutrophisation.

 

Aux sources de la pollution atmosphérique

Si certains phénomènes naturels contribuent à la pollution de l’air (éruptions volcaniques, érosion des sols...), de nombreux polluants atmosphériques sont d’origine anthropique :

· le chauffage, la production d’électricité, les moteurs des véhicules automobile et bateaux, entrainent des phénomènes de combustion pouvant être à l’origine d’émissions de dioxyde d’azote ;

· l'utilisation de solvants et peintures, pour des usages domestiques ou industriels, est l’une des principales sources d’émissions de composés organiques volatils;

· le dioxyde de souffre provient quant à lui de la combustion d’énergies fossiles (chauffage domestique, production d’énergie, véhicules à moteurs...);

· tandis que l’ozone résulte de la transformation de polluants primaires. Cette transformation se produit sous l’effet notamment des rayons UV du soleil et est favorisée par des températures élevées. 

En ce sens, la lutte contre la pollution de l’air rejoint celle contre le changement climatique, tant ces phénomènes, bien que distincts, sont liés. Alors que le réchauffement climatique contribue à aggraver la pollution de l’air, certains polluants comme les particules de carbone noir ou l’ozone, sont eux-mêmes des facteurs de réchauffement climatique.

 

Tous égaux devant la pollution atmosphérique ?

91 % de la population mondiale vit dans des territoires où la qualité de l’air dépasse les limites fixées par l’OMS, soit en moyenne 20 µg/m3 par an pour les particules grossières (PM10) et 10 µg/m3 par an pour les particules fines (PM 2,5). Des dépassements jusque 5 fois supérieurs à ces valeurs sont constatés dans de nombreuses mégalopoles partout dans le monde. Des chiffres alarmants qui témoignent de l’ampleur mondiale du phénomène.

Si la pollution de l’air constitue une menace globale, elle touche plus particulièrement les personnes vulnérables (femmes enceintes, jeunes enfants et nourrissons, personnes âgées, …), et les pays en développement. La Banque Mondiale estime en effet que 93 % des décès et des maladies non mortelles attribués à la pollution atmosphérique dans le monde se sont produits dans ces pays

 

Face à l’urgence, le temps de l'action

Face à ces constats alarmants, de nombreuses mesures sont mises en œuvre partout dans le monde, et des améliorations peuvent d’ores et déjà être constatées.

 

Dans les pays à revenu élevé, une réduction de la pollution atmosphérique a été observée dans près de la moitié des villes ayant mis en place une surveillance entre 2008 et 2013. Une réduction de 5% est également constatée sur cette même période au niveau des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Des progrès spectaculaires, qui peuvent s’expliquer par la mise en œuvre de politiques publiques volontaristes, soutenues par l’émergence de nouvelles solutions technologiques proposées par des entreprises comme SUEZ et dont certaines seront évoquées dans ce cycle sur la qualité de l'air.

 

Dans les grandes métropoles mondiales, la qualité de l’air est désormais un enjeu clé d’attractivité et de santé publique. Augmentation des surfaces végétalisées, construction d’éco-quartiers et de bâtiments bioclimatiques, développement d’une offre de transport durable... Les villes innovent, unissent leurs actions et partagent leurs bonnes pratiques, à l’instar du Air Quality Network lancé en 2018 par le C40. Partout dans le monde, les initiatives se multiplient. En Chine, la ville de Shenzhen est devenue la première métropole mondiale à posséder une flotte de bus entièrement électrique. En Inde, les villes sont au cœur du National Clean Air Program lancé par le gouvernement en janvier 2019 avec pour objectif la réduction des émissions de particules de 20 à 30% d’ici 2024. La Ville de Paris vient quant à elle de lancer avec Bloomberg Philanthropies un projet pilote de mesure de différents polluants dans les écoles et crèches de la ville.

 

Au centre de ces initiatives, les données collectées sont de plus en plus précises grâce au développement de nouvelles technologies. Capteurs connectés, intelligences artificielles, outils de modélisation, applications mobiles... permettent de mieux comprendre, analyser et anticiper les émissions de polluants dans l’atmosphère. Une aide à la décision précieuse pour faire de tous, autorités publiques, entreprises, citoyens, chacun à son échelle, un acteur de la lutte contre ce fléau mondial.

 

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