Kinomé : la start-up qui revoit l’humain à travers l’œil des arbres

©Kinomé

Depuis une quinzaine d’années, Kinomé protège et revalorise des forêts en France et à l’international, en plaçant le développement humain et économique au cœur de sa stratégie de conservation de la biodiversité. Une approche unique et innovante qui intègre aussi bien les populations locales que les entreprises. Portrait.

Insectes pollinisateurs, stocks de poissons, forêts capables d’absorber les émissions de gaz à effet de serre… Près d’un million d'espèces animales et végétales —sur les huit millions présentes sur la planète— pourraient disparaître dans les prochaines décennies, selon un rapport de l'ONU sur la biodiversité. Un effondrement à un rythme sans précédent, selon les scientifiques, qui a déjà des répercussions graves sur les populations humaines du monde entier. La forêt amazonienne, foyer de près de 34 millions de personnes et concentrant 10% de la biodiversité à l’échelle mondiale, a déjà perdu plus de 20% de sa surface totale. En cause : l’activité humaine, notamment la déforestation, mais aussi le changement climatique. 


Si les efforts de conservation de ces écosystèmes ne datent pas d’hier, une start-up française se distingue parmi tous les acteurs soucieux de protéger les ressources naturelles de ce déclin galopant par son approche innovante et systémique — Kinomé. Fondée en 2005 par Nicolas Métro, diplômé de l’Essec et petit-fils de forestiers, l’entreprise sociale basée à Nogent-sur-Marne protège et revalorise des forêts en France et à l’international, en plaçant le développement humain et économique au cœur de sa stratégie de conservation de la biodiversité. Son nom, Kinomé ou “l’œil de l’arbre” en japonais, renvoie à son objectif ultime, celui de permettre aux êtres humains de se reconnecter avec eux-mêmes et avec la nature à travers les arbres, et d’inverser ainsi la tendance de la déforestation. 


Notre méthode repose sur la volonté, avec chacun de nos projets, de répondre aux sept besoins essentiels de l’être humain, à savoir, la santé, la sécurité, le respect, l’inclusion, l’accès à la connaissance, le bien-être et la réalisation de soi,” explique Damien Kuhn, directeur des opérations internationales de l’entreprise. Cette approche unique, basée sur les principes du leadership éthique développés par la chercheuse humaniste allemande Edel Gött dans les années 1990, permet à Kinomé de placer les besoins des communautés locales au cœur de ses projets de reforestation et de les aider à développer de nouvelles filières centrées sur la conservation des forêts et le reboisement, telles que la collecte de plantes médicinales, l’apiculture ou encore la plantation d'arbres fruitiers. Résultat : ces communautés, principalement affectées par la disparition des écosystèmes locaux, reprennent en main leur environnement tout en se procurant de nouvelles sources de revenus. 


Cette approche, que l’on applique à toutes nos missions et que nous partageons avec tous nos partenaires, permet par ailleurs de créer un terrain d’entente très constructif entre toutes les parties prenantes d’un projet, c’est notre boussole,” assure Damien Kuhn. Car l’entreprise ne se contente pas de mener des projets de reforestation dans son coin, mais accompagne, conseille et rassemble des acteurs de l’ensemble de l’échiquier social capables d’avoir un vrai impact, que ce soit des gouvernements, des décideurs, des ONG, des entreprises, des scientifiques, des institutions publiques ou privées, mais aussi des écoles en France et ailleurs et des particuliers. C’est grâce à cette approche multilatérale et collaborative que les équipes de Kinomé ont pu coopérer, par exemple, avec des partenaires comme Yves Rocher sur le développement de filières végétales à Madagascar pour la cosmétique, Danone pour la valorisation de la gomme d'acacia au Sahel ou encore LVMH, l’Agence française de développement et la fondation Good Planet.  


Depuis son lancement, l’entreprise a mené près de 100 actions dans 30 pays et peut compter plus de sept millions d’arbres plantés sur cinq continents à son actif. Près de 1,2 millions de personnes ont été directement touchées par ses projets, avec à la clé une amélioration des revenus, de l’accès à l’eau, à une meilleure nutrition ou à un emploi, notamment en France, en Afrique et en Amérique du Sud. L’une de ses initiatives les plus remarquables à ce jour est peut-être le programme éducatif international Forest & Life, créé en 2010 en partenariat avec Canopé, une agence de l’Éducation nationale française et financé par des entreprises. Il vise à reconnecter les enfants des écoles primaires à la nature et aux forêts locales, en leur donnant les moyens d’agir à leur échelle pour les restaurer ou les préserver en plantant des arbres, tout en contribuant à la coopération internationale : pour chaque arbre planté en France, deux sont parrainés dans une forêt menacée en Afrique ou en Amérique du sud. Plus de 25 000 enfants ont pu ainsi planter près de 100 000 arbres en France, au Sénégal, au Togo, au Gabon et au Pérou. 


Fidèle à son ADN, Kinomé coordonne également depuis 2014 les activités en Afrique de l’Ouest du collectif 5 Deltas, un réseau de 14 ONG et entreprises sociales engagées dans la protection de la mangrove, l'un des écosystèmes les plus riches et les plus interconnectés de la nature — et un réservoir immense en matière de biodiversité. Son dernier grand projet en date, financé par l’Union Européenne, vise à protéger cet écosystème menacé du Sénégal au Bénin, en passant par la Guinée, et à renforcer sa résilience face aux changements climatiques. Il s’agit, comme tous les projets de Kinomé, d’une initiative multi-acteurs portée par l’Union internationale pour la conservation de la nature en association avec Wetland International et le collectif 5 Deltas. D’ici 2023, 400 hectares de mangroves seront plantés, bénéficiant près d’un million d’habitants locaux. Encore une manière de prouver que, si les défis sont énormes, c’est uniquement en se serrant les coudes —ou les branches— qu’on pourra les relever.


-------------------------------------------

Cet article a été écrit dans le cadre d’une série produite pour open_resource par Sparknews, une entreprise sociale française qui vise à faire émerger des nouveaux récits pour accélérer une transition écologique et sociale à la hauteur des enjeux de notre époque.

 

Commentaires:

Un commentaire est obligatoire