LES PUITS DU DÉSERT, êtes-vous prêts à construire des puits pour faire surgir des potagers en plein désert ?

©Jérôme Meyer-Bisch

Dans la région sahélienne désertique au nord du Niger, seuls 7% de la population a accès à un point d’eau à moins de 5 km. Les corvées d’eau représentent ainsi une astreinte quotidienne dont la pénible charge incombe aux femmes et aux enfants qui y sacrifient de précieuses journées.


Convaincues que l’accès à la ressource en eau et le développement d’une agriculture vivrière peuvent jouer un rôle majeur pour le développement économique et social de cette région, l’ONG Tidène (Niger) (1) et l’association Les Puits du Désert (France) (2) œuvrent depuis plus de quinze ans à la réhabilitation et à la construction de puits. 


Le programme de construction concerne deux types de puits au nord d’Agadez dans la vallée où se sont sédentarisées les populations:

  • le puits villageois [1], situé au centre d’un village et mis à disposition des familles installées aux alentours;
  • les puits maraîchers [3]. Équipés d’une pompe motorisée, ces points d’eau alimentent chacun un grand jardin partagé par des familles pour cultiver des fruits, des légumes et des céréales. Les surplus–principalement des oignons et des tomates – sont vendus sur les marchés.

 

Un troisième type de puits est également mis en place par l’association sous forme de réhabilitation de puits pastoraux dédiés plus particulièrement aux nomades et à l’abreuvement de leurs animaux [2]. Ces puits sont mis en place dans la partie sud d’Agadez, au milieu du Ténéré, et sont essentiellement destinés aux éleveurs transhumants.


C’est une population de 80 000 personnes qui récolte les nombreux bénéfices de ces infrastructures. Le temps libéré sur les corvées d’eau a permis d’améliorer la fréquentation scolaire, de sorte que cinq nouvelles écoles ainsi qu’un dispensaire ont été construits. Les femmes se sont organisées en coopératives pour commercialiser les excédents agricoles. Avec l’élevage et le maraîchage, de nouvelles perspectives se font jour pour faire vivre les familles. Grâce à la construction et à la réhabilitation de ces puits, la région reverdit et profite d’un développement intégré, en cohérence avec les Objectifs de développement durable.


Actuellement, 276 puits sont concernés par cette initiative soutenue financièrement par la Fondation SUEZ. Deux phases de travaux ont eu lieu et une troisième est à l’étude pour la période 2020-2022. L’objectif à terme est de déployer un maillage d’au moins 400 puits opérationnels.

 

(1) Créée en 2000, cette ONG a pour objet de promouvoir des actions de solidarité entre la France et l’Afrique. Elle œuvre particulièrement pour l’accès à l’eau et à l’éducation au Niger.
(2) Créée la même année, l’association Les Puits du Désert intervient dans la région d’Agadez au Niger pour les populations nomades et sédentaires les plus défavorisées. Ses missions portent sur l’accès à l’eau par la construction de puits, la diminution de la mortalité infantile par l’accès à l’eau potable, l’accès aux soins de santé de base, l’autonomisation des femmes...

 

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Cet article a été publié dans le septième numéro  d'open_resource magazine : "Alimentation durable, planète durable"

 

 

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