Low-tech Lab : la plateforme participative qui démocratise la transition écologique

(c) Low-Tech Lab

Depuis 2013, l’association Low-tech Lab diffuse en open-source des innovations locales et durables pour répondre aux enjeux environnementaux du XXIe siècle. Un format qui rencontre un succès croissant auprès du grand public.

Malgré le caractère fini des ressources naturelles, leur exploitation se poursuit à la hausse. Publié en 2019, le rapport du Groupe International d’experts sur les ressources de l’ONU était formel : l’extraction et l’utilisation des ressources naturelles est à l’origine de 50% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Pourtant, l’économie mondiale extrayait 92 milliards de tonnes de ressources naturelles en 2017, soit trois fois plus qu’en 1970.

 

Pour remédier à ce constat paradoxal, l’association française Low-tech Lab s’est donnée pour mission d’identifier, d’expérimenter et de partager des tutoriels de solutions technologiques respectueuses de l’environnement à travers une plateforme collaborative en ligne conçue en open-source. Depuis sa création en 2013, l’un de ses cofondateurs, Corentin de Chatelperron, sillonne le monde à bord d’un catamaran équipé de panneaux solaires pour répertorier les innovations qui placent l’économie d’énergie et de matières premières au cœur de leur démarche. Son ambition : créer un réseau mondial d’antennes locales pour faciliter l’intégration de ces solutions dans le quotidien des particuliers.

 

« Nous avons simplement constaté que, tout autour du globe, une multitude de personnes innovaient localement pour trouver des solutions concrètes aux enjeux environnementaux ”, explique Corentin de Chatelperron, qui a lancé le Low-tech Lab avec les ingénieurs Pierre-Alain Levêque et Clément Chabot. « Comme ces solutions sont très souvent réplicables et adaptables aux spécificités d’un territoire, elles représentent une réponse globale aux défis sociaux et environnementaux actuels. »

 

Baptisées low-techs, ces innovations entendent répondre aux besoins humains de base dans une approche renouvelée du progrès technologique : leurs avancées se mesurent désormais par la réduction de l’impact environnemental opérée. Si elles peuvent s’appliquer à l’agriculture, l’informatique ou l’architecture, le secteur de l’habitat apparaît pour le Low-tech Lab comme une piste à privilégier.  En effet, en France le résidentiel - tertiaire restait en 2011 le secteur le plus énergivore, pesant 43% de la consommation totale d’énergie selon une étude menée par l’ADEME[1].

 

Pour cette raison, Pierre-Alain Levêque et Clément Chabot ont vécu en alternance dans une tiny house de mars à décembre 2019, une maison écologique et nomade équipée de 12 low-techs comme le chauffe-eau solaire ou la douche à recyclage. Comme ils l’expliquent, l’objectif n’était pas de promouvoir la tiny house mais d’étudier la qualité de vie dans un habitat low-tech tout en analysant son impact écologique et économique. Un bilan concluant, car, si un habitat français émet en moyenne 1 700 kilos d’équivalent CO2 par personne et par an, cette expérience low tech fait tomber le chiffre à 37 kilos.

 

© Low-tech Lab  - Clément Chabot

 

Cependant, ces solutions ne peuvent pas constituer l’unique réponse aux enjeux environnementaux, puisqu’il n’existe pas de solution low-tech capable de produire de l’électricité, précisent Pierre-Alain Levêque et Clément Chabot. Bien que les énergies renouvelables soient plus durables que les énergies fossiles, l’extraction des matériaux nécessaires à leur utilisation a néanmoins un impact environnemental conséquent. Une réalité qui appelle à imaginer des modes de vie plus sobres en énergie.

 

Pour cette raison, le Low-tech Lab ne s’en tient pas à diffuser de simples tutoriels de low-techs auprès du grand public. Il souhaite surtout promouvoir l’état d’esprit propre à la démarche low-tech : « L’innovation n’a de sens que si elle répond à un besoin réel, si elle est durable et accessible au plus grand nombre », rappelle Corentin de Chatelperron. Seules les innovations vérifiant ces trois critères sont partagées sur la plateforme collaborative, laissant aux internautes la possibilité de les améliorer grâce à leurs retours d’expérience.

 

Une approche qui parle au grand public. Depuis octobre 2019, le site web du Low-tech Lab a comptabilisé plus de 135 000 visites dans près de 175 pays du monde et compte plus de cinq millions de vues sur les réseaux sociaux. En amenant ainsi les particuliers à questionner leurs besoins, l’association entend faire du rapport durable aux ressources le principe des comportements individuels de demain.

 

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Cet article a été écrit dans le cadre d’une série produite pour open_resource par Sparknews, une entreprise sociale française qui vise à faire émerger des nouveaux récits pour accélérer une transition écologique et sociale à la hauteur des enjeux de notre époque.

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