Modéliser les résidus de médicaments dans les eaux usées

Lauréat
Challenge: 11ème édition du Séminaire « Eau & Santé »
Lauréat(s): Tanguy Pouzol
eaux usées

© SUEZ / CDPNEWS / Cyrille Dupont

La thèse lauréate du Prix Eau et Santé 2019 porte sur l’analyse et la modélisation des variations de concentrations de résidus de médicaments dans les eaux usées.

Les résidus de médicaments sont des substances issues de la consommation de produits pharmaceutiques qui peuvent être présentes dans les eaux usées à de très faibles concentrations. Certaines de ces substances ne sont pas complètement éliminées par les stations d’épuration, et atteignent, dans des quantités infimes, le milieu naturel. 

L’étude de ces substances et de leurs potentiels impacts environnementaux constitue un champ de recherche important des sciences environnementales. La variabilité temporelle de leur concentration dans les eaux usées a toutefois peu été étudiée. Par ailleurs, les modèles de prévision de leur présence se basent sur les volumes de vente de médicaments à des échelles spatiales et temporelles larges ne permettant pas de reproduire les concentrations observées de manière fiable.

La thèse de Tanguy Pouzol a porté sur l’étude de deux sites, l’un traitant des eaux usées domestiques, l’autre des eaux usées hospitalières, avec trois objectifs principaux : 

  • Analyser pour les deux sites les quantités de résidus de médicaments en entrée de station d’épuration, les comparer et établir leur fluctuation saisonnière, quotidienne et horaire ;
  • Recueillir et analyser des données précises de vente de médicaments au niveau de l’hôpital et des pharmacies du territoire ; 
  • A partir de ces différentes données, concevoir un modèle prédictif fiable des variations horaires de concentrations de résidus de médicaments dans les eaux usées, en fonction des volumes de ventes de médicaments et de la consommation quotidienne de l’hôpital.

Ce travail de recherche innovant a permis de mieux comprendre les corrélations entre consommation de médicaments et présence de leurs résidus dans les eaux usées, et d’anticiper leurs fluctuations.

Encadrée par Yves Lévi (Faculté de Pharmacie de Paris Sud) et Jean-Luc Bertrand-Krajewski (INSA Lyon), la thèse s’est déroulée au sein des projets couplés SIPIBEL, IRMISE Arve aval et SIPIBEL-RILACT. Ces projets, portant plus généralement sur la problématique des micropolluants dans l’eau, sont pilotés et coordonnés par l’association GRAIE (Groupe de Recherche, Animation technique et Information sur l’Eau, graie.org).

Le lauréat

Tanguy Pouzol est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en génie civil et urbanisme, d’un master de recherche en ingénierie environnementale et d’un doctorat en sciences de l’environnement, obtenus à l’INSA Lyon. Depuis 2018, il est directeur R&D au sein d’ÆGIR (aegir-ingenierie.fr), entreprise spécialisée dans la maîtrise des impacts écologiques des systèmes d’assainissements par l’expertise et l’optimisation des ouvrages hydrauliques qui les constituent, réduisant ainsi leurs couts de gestion et d’instrumentation.

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