NEXTALIM, êtes-vous prêts à élever des mouches pour produire des protéines ?

©Thomas Vieille

Comment produire suffisamment de protéines, une source d’énergie essentielle à l’alimentation humaine ? La question se pose en effet de nourrir les 9,8 milliards d’êtres humains qui peupleront, d’après l’ONU, la planète en 2050. Un challenge qui impose aujourd’hui de trouver des solutions durables pour la production de ressources alimentaires tout en polluant et en gaspillant moins.

 

Basée à Poitiers, la start-up Nextalim, dans laquelle SUEZ a investi, apporte un élément de réponse.Cette solution porte un nom qui tient en deux mots : Hermetica illucens, ou black soldier fly en anglais. Les larves de cette mouche présentent l’intérêt de fournir des protéines en quantité.

 

L’idée des ingénieurs à l’origine du projet : miser sur l’entomoculture. À savoir élever ces mouches à grande échelle pour en faire de nouveaux aliments à destination des animaux, moins gourmands en ressources et peut-être, à terme, des aliments comestibles pour les êtres humains. La black soldier fly ne présente en outre aucun risque sanitaire, se développe rapidement et se nourrit de presque tout.

 

Plusieurs étapes sont nécessaires pour rendre ces mouches appropriées à l’alimentation animale. Les mouches sont nourries avec des biodéchets d’origine 100 % végétale, principalement des fruits et légumes déclassés transformés en soupe. En les digérant, elles les transforment en fertilisants. Les graisses, protéines et autres dérivés de l’insecte seront quant à eux utilisés pour l’alimentation des animaux de compagnie et pour la chimie verte. Une partie des larves aura également été prélevée pour devenir des mouches adultes qui pondront à leur tour de nouveaux oeufs.

 

Ce procédé est écologique, durable et économiquement viable. Il demande peu d’énergie et est un exemple d’économie circulaire répondant au principe du savant français Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

 

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Cet article a été publié dans le sixième numéro d’open_resource magazine : « Vers un futur bio-inspiré »

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