PILI, êtes-vous prêts à utiliser des bactéries pour créer une encre durable ?

©Jérôme Meyer-Bisch

Aujourd’hui, 99 % des colorants sont issus de la pétrochimie. Réalisés à partir de solvants toxiques, leur production est énergivore, ils sont polluants pour l’environnement et compliquent le recyclage des matériaux qu’ils servent à teindre, notamment les textiles.

C’est fin 2014 que la start-up PILI a vu le jour au sein du laboratoire parisien La Paillasse, développant une encre entièrement biosourcée, produite grâce à des molécules colorantes obtenues par biosynthèse. Cette encre n’utilise aucun produit toxique et permet un recyclage optimisé des supports teints.

La production de cette encre reprend les procédés de fermentations classiques utilisés pour la fabrication de bière ou de fromage. En effet, c’est la fermentation qui permet aux micro-organismes de déconstruire des matières végétales renouvelables comme le sucre ou le bois pour les reconstruire en colorants. Chez PILI, les micro-organismes sont sélectionnés pour leur capacité à produire des molécules colorantes (1). Ils sont cultivés dans des cuves et se nourrissent d’une biomasse qu’ils dégradent, pour produire les fameuses molécules capables de délivrer des pigments (2). Le liquide aqueux résultant de ce processus est ensuite traité puis conditionné pour former une poudre ou une pâte servant de base à l’encre et à d’autres formules notamment pour les teintures textiles (3).

Rouge, jaune, bleu : PILI développe une première gamme de colorants, aujourd’hui à l’échelle du laboratoire, demain à l’échelle industrielle. Travaillant désormais au sein du démonstrateur TWB (Toulouse White Biotechnology) et collaborant avec l’écosystème de la biotech présent sur place, la start-up allie performance de l’industrie chimique et innovation biotechnologique pour créer une alternative aux dérivés du pétrole.

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Cet article a été publié dans le sixième numéro  d'open_resource magazine : « Vers un futur bio-inspiré »

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