Qarnot computing : recycler la chaleur des ordinateurs, un levier d’impact pour la transition écologique

(c)Clément Pellegrini

Une start-up française a mis au point le premier radiateur-ordinateur au monde, capable de recycler la chaleur dégagée par les calculs informatiques pour réchauffer des pièces à vivre. Un pari gagnant-gagnant pour l’environnement, les villes et les entreprises.

Poussée par des algorithmes de plus en plus puissants, l’industrie informatique n’est pas prête de s’arrêter dans son élan, si précieux pour la communication, les finances et la sécurité mondiales. Pourtant, loin d’être virtuel, l’impact environnemental de ces technologies énergivores est bien visible. Le numérique dans son ensemble représente environ 10% de la consommation énergétique mondiale, selon l’Ademe, et un quart des émissions de gaz à effet de serre générées par ce secteur vient des centres de données.

 

Mais ces serveurs produisent aussi de la chaleur lorsqu’ils « réfléchissent ». Forte de ce constat, la jeune société francilienne Qarnot computing a mis au point un concept inédit : un radiateur-ordinateur capable de recycler cette chaleur résiduelle, réduisant considérablement la consommation énergétique de ces calculs informatiques tout en chauffant des logements sociaux.

 

Intégrés à l’intérieur des radiateurs et reliés à une fibre optique, ces « mini data-centers », baptisés QH1 par les co-fondateurs de l’entreprise, Paul Benoit et Miroslav Sviezeny, exécutent à distance les opérations informatiques de sociétés telles que des banques, des centres de recherche ou des groupes industriels. Pour ces entreprises, dont les besoins en calculs informatiques sont gargantuesques, cela représente une solution à la fois économique et écologique, car elle élimine le besoin d’infrastructure, le coût énergétique pour alimenter des serveurs en électricité et celui lié à leur refroidissement. En somme, une réduction d’environ 78% de l’empreinte carbone du calcul informatique selon Qarnot.

 

Chaque unité comporte trois microprocesseurs. C’est lorsqu’ils reçoivent les calculs à effectuer qu’ils montent en fréquence et diffusent la chaleur, capable de chauffer une pièce à vivre d’entre 15 et 30 mètres carrés grâce à une puissance de 650 watts, même à plusieurs milliers de kilomètres de l’origine du calcul. L’occupant des lieux peut également moduler la température souhaitée grâce à un thermostat qui contrôle le nombre d’opérations effectuées par la machine en modulant l’intensité.

 

Pour l’usager, le chauffage est virtuellement gratuit. Une fois le radiateur installé, l’entreprise rembourse les frais liés à la consommation énergétique de l’unité, permettant ainsi aux utilisateurs de récupérer l’investissement initial. Les revenus de Qarnot, qui compte de nos jours une trentaine de salariés, viennent principalement de la vente de sa capacité de calcul aux entreprises, dont notamment BNP Paribas.

 

Le QH1 est de nos jours à sa troisième version, pouvant intégrer désormais à volonté des capteurs de température, de bruit, de luminosité, de qualité de l’air, de pression ou encore de mouvement, ainsi qu’un module wifi bas débit qui permet à l’utilisateur de naviguer sur internet. Qarnot, qui a déjà installé plus de 1000 radiateurs, la plupart dans des logements sociaux à Paris et à Bordeaux, ne compte pas s’arrêter là et part désormais à la conquête de la Finlande.  

 

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Cet article a été écrit dans le cadre d'une série produite pour open_resource par Sparknews, une entreprise sociale française qui vise à faire émerger des nouveaux récits pour accélérer une transition écologique et sociale à la hauteur des enjeux de notre époque.

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