SPYGEN, êtes-vous prêts à partir sur les traces des espèces rares grâce à l’ADN environnemental ?

© Jérôme Meyer-Bisch

Observer et répertorier la biodiversité en milieu naturel peut s’avérer complexe. Les grands cours d’eau, les forêts et autres habitats sauvages sont souvent difficiles d’accès pour les chercheurs de terrain. Sans compter qu’inventorier les espèces dans leur environnement fait parfois appel à des méthodes invasives, voire destructives pour les espèces !

 

Spygen, start-up française créée en 2011 et issue du Laboratoire d’écologie alpine1, a imaginé de nouvelles méthodes de suivi des espèces, plus efficaces et plus respectueuses de la planète, s’appuyant sur des techniques de veille environnementale. Appelée VigiDNA, cette nouvelle expertise permet aux chercheurs de Spygen d’identifier des traces d’ADN laissées par la faune dans l’environnement à partir de prélèvements d’eau, de sol ou de matières fécales (1). Ces prélèvements permettent de collecter le mucus, la salive, l’urine, les gamètes ou la peau de certaines espèces. De ces échantillons sont extraits des fragments d’ADN : on parle alors d’ADN environnemental ou ADNe (2).

 

Deux méthodes sont utilisées : le barcoding pour le suivi d’une espèce rare ou discrète et le métabarcoding pour la détection de l’ensemble des espèces d’un groupe cible. Grâce à ces techniques, l’ADNe peut être échantillonné et isolé en laboratoire afin de répertorier la biodiversité du site observé (3).

 

Spygen entend révolutionner les études naturalistes et les comptages écologiques. À titre d’exemple, cet outil a ainsi permis de révéler, en mai 2018, la présence d’espèces de requins supposées disparues en Nouvelle-Calédonie.

 

Cet article a été publié dans le sixième numéro d’open_resource magazine : « Vers un futur bio-inspiré »

1 Regroupant le CNRS, l’université Grenoble Alpes, l’université Savoie-Mont Blanc.

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