SUEZ, partenaire d’une agriculture durable

© Thomas Barwick

Transition écologique, nouveaux régimes alimentaires, exigences de traçabilité, croissance démographique, besoins en protéines... autant de défis qui conditionnent le futur de l’agriculture alors que la transition vers une économie circulaire est indispensable. C’est pourquoi SUEZ s’engage de plus en plus aux côtés des agriculteurs, les accompagne et développe avec eux une agriculture intelligente et durable en diminuant la consommation d’eau et d’engrais chimiques ; en traitant les eaux usées pour irriguer la terre ; en valorisant la matière organique (énergie, fertilisants…), etc. L’Espagne mais également la France constituent les marchés les plus avancés dans ce domaine. Plongée au cœur de ces nouveaux challenges pour le groupe.

Restaurer et préserver les éléments fondamentaux que sont l’eau, l’air et la terre doit être au cœur des nouveaux modèles de production agricole, avec toujours en ligne de mire le bien-être des populations. Nourrir plus de bouches tout en assurant à chacun un régime alimentaire équilibré et en respectant davantage l’environnement, cela passe par une agriculture qui consomme moins d’énergie, moins d’eau, préserve plus efficacement la qualité des sols et valorise davantage ses coproduits.

 

Pour relever ces défis, il faut s’appuyer sur les agriculteurs qui joueront un rôle clé dans la transition vers un monde circulaire. Comme le souligne Juan Antonio Guijarro, directeur général de SUEZ Agriculture, « il est essentiel de déployer des modèles et des solutions circulaires. Chez SUEZ Agriculture, notre objectif est de prendre en compte les attentes et besoins des agriculteurs pour atteindre de meilleurs niveaux de productivité tout en respectant l’environnement, la biodiversité, les sols et l’eau dans le contexte de croissance démographique. »

La technologie pour optimiser l’irrigation

© SUEZ William Daniels 

La sécurité alimentaire passe en premier lieu par la disponibilité de l’eau indispensable à la production agricole. Or actuellement, l’agriculture compte pour 70 % de la consommation d’eau dans le monde. Un chiffre pouvant atteindre 90 % dans certains pays. Alors que bon nombre d’entre eux font face à des situations de stress hydrique de plus en plus sévères, il est urgent d’utiliser l’eau plus efficacement dans l’irrigation.

 

« Seulement 20 % des terres dans le monde sont irriguées[1], explique Juan Antonio Guijarro. Sur ces 20 %, 80 % sont inondées : une technique très peu efficace[2]. Sur les 20 % qui restent, seules 5 % utilisent des technologies qui permettent une utilisation optimale de l’eau. Au total, le gâchis d’eau est énorme. Le potentiel d’amélioration dans ce domaine est immense. »

 

Mais selon l’expert, pour améliorer réellement les systèmes d’irrigation, le plus important est de travailler en étroite collaboration avec les agriculteurs. En effet, selon lui, ceux-ci ne sont pas incités financièrement à économiser l’eau. « Les agriculteurs sont sensibilisés à la protection de l’environnement, mais les impératifs de production prennent souvent le dessus. Il faut donc leur prouver que de meilleures techniques d’irrigation non seulement protègent l’environnement, mais surtout augmentent leur rendement. » C’est dans ce but que SUEZ a développé une technologie d’irrigation intelligente fondée sur l’utilisation de données météorologiques, cartographiques et hydrologiques. Des algorithmes experts permettent ainsi aux agriculteurs d’optimiser leur consommation en eau, énergie et engrais tout en maintenant ou augmentant leur production.

 

Cependant, une gestion plus rationnelle de l’eau, bien qu’indispensable, ne sera pas suffisante pour lutter contre le stress hydrique, lequel pourrait concerner 40 % de la population mondiale d’ici 2035. Il faudra par conséquent accroître le recyclage des eaux usées à des fins notamment agricoles ; celui-ci ne concerne aujourd’hui que 2 % des eaux usées collectées dans le monde.

 

Un domaine dans lequel SUEZ est à la pointe, avec 800 millions de mètres cubes d’eaux usées recyclées chaque année et l’ambition de tripler son offre en eaux alternatives (recyclage des eaux usées, dessalement) d’ici 2030. Grâce à des techniques de traitement telles que les ultraviolets, l’osmose inverse ou la filtration membranaire, le groupe sait désormais recycler les eaux usées avec un niveau de qualité adapté à chaque usage (les membranes d’ultrafiltration étant particulièrement efficaces pour proposer une eau adaptée à l’agriculture et à l’industrie). Or aujourd’hui, seuls 2 % des eaux usées collectées sont réutilisées.

L’économie circulaire, clé de voûte d’une agriculture durable

« Il n’y aura pas d’alimentation humaine durable sans économie circulaire. L’eau n’est pas la seule ressource pour laquelle les solutions SUEZ peuvent accélérer la transition de l’agriculture vers des boucles plus vertueuses », rappelle Pierre Achard, Directeur projet agriculture France.

 

« Il faut tout d’abord travailler sur les produits de fertilisation, insiste également Laurent Galtier, Responsable de l’activité organique à la direction de l’innovation, du marketing et de la performance industrielle. À ce jour, les engrais – azote, phosphore, etc. – sont très majoritairement produits à partir de ressources non renouvelables (mines, usines de transformation de l’azote atmosphérique…). Nous devons proposer des engrais issus de l’économie circulaire, du recyclage. » C’est le cas de Phosphogreen, un procédé de SUEZ qui permet de valoriser sous forme d’engrais le phosphore contenu dans les eaux usées. Cette récupération est fondamentale dans la préservation des réserves de phosphates qui tendent à s’épuiser et dont le prix ne cesse d’augmenter. 20 % de la demande mondiale actuelle en phosphore pourrait être couverte par la récupération dans les eaux usées.

 

S’agissant du traitement des déchets organiques (boues d’épuration urbaines et industrielles, biodéchets…), « le retour au sol de la matière organique est une filière vertueuse d’amendement des sols diminuant la production d’intrants chimiques et garantissant un recyclage à 100 % des déchets organiques », soutient Laurent Galtier. Ainsi, pour rester à la pointe sur le marché de la valorisation des déchets organiques, SUEZ Organique, filiale du Groupe, s’est associée au groupe Avril[3] au sein de la joint-venture Terrial pour constituer un acteur à la pointe sur le marché des engrais et des amendements organiques en France. « Notre filière permet de fabriquer des amendements organiques, couramment appelés composts, mais contient un paradoxe : il y a des saisons d’amendement pour les agriculteurs, mais des déchets tout au long de l’année, l’offre et la demande ne sont pas équilibrées en permanence, explique Anne-Valérie Goulard, PDG de SUEZ Organique. Grâce à l’expertise du groupe Avril, ce partenariat va nous aider à faciliter l’accès de nos composts au marché et à mieux comprendre les besoins des agriculteurs et des coopératives agricoles. Fluidifier la demande, développer la valeur des composts par une gamme élargie d’amendements organiques enrichis, tels sont les enjeux de ce partenariat. » Il répond également au défi croissant de production et d’exploitation durables des ressources alimentaires, limitant les intrants chimiques et artificiels.

Au-delà de la filière compostage et de la bonne valorisation des composts sur le marché, les liens de SUEZ avec le monde agricole s’intensifient avec le développement de la méthanisation. « Nous travaillons de plus en plus avec les agriculteurs, à la fois pour approvisionner leurs méthaniseurs et trouver des débouchés de valorisation de leurs coproduits, résidus de céréales, pailles, cannes de maïs, etc., dans nos propres méthaniseurs. Enfin, la coopération avec le monde agricole est essentielle pour pérenniser l’amendement des sols en matière organique en renforçant toujours davantage la traçabilité des épandages », poursuit Anne-Valérie Goulard.

Le numérique au cœur de la transition agricole

© Ollo

Parmi les solutions apportées pour valoriser les déchets organiques, SUEZ a développé Organix, la première place de marché digitale pour la biomasse. Organix met en relation les producteurs de déchets organiques – notamment agricoles – avec les utilisateurs et les exploitants de méthaniseurs, qui transforment ces déchets en énergie. « C’est un peu “leboncoin” ou l’“eBay” des déchets organiques. C’est un premier pas vers la monétisation, grâce au numérique, des services écosystémiques rendus par certaines pratiques agricoles », synthétise Pierre Achard.

 

Les territoires ruraux commencent à réfléchir avec SUEZ pour soutenir la transition agricole. L’an dernier, le projet API (Agriculture Périurbaine Innovante)[4], de circuit court alimentaire, a vu le jour sur le territoire métropolitain lyonnais. La prochaine étape, après les « smart cities », est celle du développement de plateformes territoriales numériques sur des « smart territoires ruraux ». Le cœur des fonctionnalités (quantification de l’impact environnemental, traçabilité et optimisation logistique) est déjà disponible chez SUEZ, dans ses centres « Visio » ou ses solutions « On Connect » par exemple.

La Chine et les États-Unis, nouvelles frontières

« Une fois que toutes ces solutions seront matures en Europe, nous avons pour ambition de les développer dans le reste du monde », projette Pierre Achard. Ainsi, deux marchés sont principalement visés par SUEZ : Amérique du Nord et Chine. « Les États-Unis sont déjà le plus gros producteur mondial de produits agricoles.

Avec des climats similaires à notre climat méditerranéen en Floride et en Californie, nous pouvons apporter notre expertise sur ce marché, explique Juan Antonio Guijarro. Pour ce qui est de la Chine, ce pays ne produit pas suffisamment par rapport à sa population et importe énormément. Il y a un grand besoin d’améliorer l’efficacité de l’agriculture. Nous souhaitons donc apporter notre expertise pour moderniser et développer le marché. »

 

[1] L’agriculture pluviale couvrant les 80 % restants.

[2] L’efficacité de l’inondation est d’environ 45 % selon les chiffres de l’agence de protection de l’environnement américaine. Par comparaison, celle de la micro-irrigation est d’environ 90 %.

[3] Avril est un acteur agro-industriel et financier des filières des oléagineux et protéagineux. Il est présent en France et à l’international dans des secteurs aussi diversifiés que l’alimentation humaine, la nutrition et les expertises animales, les énergies et la chimie renouvelables.

[4] Ce projet est porté par la Chambre d’agriculture du Rhône, le syndicat mixte hydraulique agricole du Rhône, Blue Line Logistics, SUEZ et Eiffage.

 

 

 

Cet article a été publié dans le septième numéro  d'open_resource magazine : "Alimentation durable, planète durable"

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