Tourisme durable: comment allier attractivité et durabilité?

(c) Will Langenberg/Unsplash

Depuis plusieurs décennies, le tourisme s'est démocratisé, diversifié, et a pris un essor inégalé : en 2016, plus de 1.2 milliard de touristes internationaux ont voyagé, et 1.8 milliard sont prévus pour 2030 selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT).

Partie intégrante du développement économique et de la prospérité de nombreux territoires, le tourisme est étroitement lié à la gestion des déchets, et plus largement des ressources. A l'aune des départs estivaux et des événements de plein air, comment allier attractivité touristique et durabilité ?

 

Le tourisme, un facteur de développement en constante croissance, qui impacte les ressources locales

Forts de leurs patrimoines naturel, social, humain, certains territoires ont capitalisé sur ces atouts pour attirer des touristes et contribuer au développement local. L'OMT estime que le secteur touristique représente 10% du PIB mondial, et un emploi sur dix : restauration, hôtellerie, agriculture, commerce… Hors de leurs foyers, dans une optique de découverte et de loisirs, les touristes consomment, et bien plus que d'ordinaire. Ces dépenses sont concentrées autour du logement, de l'alimentation, du transport et du shopping.  Ces modes de consommation alternatifs entraînent une hausse de la consommation de ressources, telles que l'eau et la nourriture, et de la production de déchets, en particulier les bio-déchets, les produits jetables, et les emballages de nourriture à consommer de manière itinérante. Une situation qui se complexifie lorsque les touristes ne connaissent (ou ne reconnaissent) pas les pratiques locales, les systèmes de tri, voire délaissent pendant leurs vacances leurs propres habitudes.

Les fortes concentrations et fluctuations de visiteurs, sur des territoires restreints et pour de courtes durées, complexifient également la gestion des déchets de territoires en milieu touristique, territoires qui n’y sont pas toujours prêts.

En ce sens, le secteur de l'événementiel rejoint celui du tourisme, avec des challenges similaires en matière de gestion des déchets : temporalité courte, visiteurs plutôt que des résidents, multitude d'acteurs, diversité de déchets… En moyenne, une manifestation qui rassemble 1 000 personnes consomme 200 KWh d’énergie, 100 kg de papier, et 500 kg de déchets, soit environ la production d’un Français en un an (ADEME). L’événementiel joue un rôle majeur pour le tourisme, en témoigne le nombre accru de visiteurs lors d’évènements comme le Festival de Cannes, les férias de Nîmes, le Tour de France, ou encore le festival de Glastonbury.
 

Pour en savoir plus sur les déchets et l'événementiel, découvrez le témoignage de Paul Berthet de AREMACS.

Depuis plusieurs années, les professionnels font évoluer leurs pratiques vers plus de durabilité

Des images marquantes de paysages naturels détériorés par des amas de déchets ont circulé dans les médias. Face aux risques de pollutions environnementales, à la fois fruit et menace du développement touristique, de nombreux acteurs ont pris les devants pour éviter des répercussions négatives et pérenniser leurs activités. A l'image des villes de Lyon et de Helsinki, élues capitales du tourisme durable par l'Union Européenne en 2019, en adoptant des pratiques plus respectueuses de la nature.

La durabilité s'impose peu à peu comme axe de différenciation commerciale, avec des visiteurs en recherche d'authenticité et souhaitant amener un impact positif aux territoires qu'ils visitent. Une étude menée par Booking.com en 2018 témoigne de la hausse généralisée des préoccupations des voyageurs en matière de durabilité, 87% d’entre eux souhaitant pouvoir limiter davantage leur impact sur l'environnement.

De nombreux acteurs viennent soutenir la visibilité et valorisation des pratiques écoresponsables des professionnels, tels que les applications de localisation/réservation Vaovert ,  FairTrip ou Voy'Agir , ou encore les systèmes de labellisation : Clé Verte, Ecolabel Européen, et d'autres plus spécialisés (Pavillon Bleu pour les ports et stations balnéaires, Flocon Vert pour les stations de montagne, Eco-Table pour les restaurateurs…).

Selon leur contexte local, leurs priorités et le type d'établissement dans lequel ils évoluent, les professionnels du tourisme peuvent adopter différentes solutions pour réduire, réutiliser, recycler ou valoriser leurs déchets. Des solutions rémunératrices - avec les applications anti-gaspi, les restaurateurs peuvent vendre leurs invendus à prix réduit au lieu de les jeter- , radicales -en Thaïlande, le gouvernement a fermé temporairement l’accès à la plage de Maya Bay pour assurer son nettoyage et restauration- , collectives - en Corse, avec le programme Rispettu, les hôteliers s'allient pour préserver l'environnement et valoriser les savoir-faire locaux- , solidaires (le Westin collabore avec Clean the World pour collecter, transformer et redistribuer des savons et draps usagés), originales -au Puy du Fou, des corbeaux ont été dressés pour collecter les mégots de cigarettes abandonnés-, ou encore engageantes – des serments de respect de la nature sont soumis aux visiteurs lors de leur entrée sur le territoire en République des Palaos  ou encore en Nouvelle-Zélande .

Une boite à outils ouverte et collaborative pour une meilleure gestion des déchets dans les secteurs du tourisme et de l’évènementiel

Au vu de ces enjeux, Future of Waste, le programme créé en 2014 par SUEZ et makesense sur l’économie circulaire, s’est engagé en 2018 sur la réduction, le réemploi, le recyclage et la valorisation des déchets du tourisme et de l'événementiel.

Face à la multiplicité et diversité des flux de déchets (literie, signalétique, biodéchets, papeterie, mégots, emballages…) auxquels sont confrontés les professionnels du secteur Future of Waste a réalisé une boîte à outils, en libre accès et autoporteuse, à destination des organisateurs de projets du tourisme et de l'événementiel, professionnels comme bénévoles, afin de les accompagner vers une transition circulaire et solidaire.

                                                                     

 

Réalisée en collaboration avec des acteurs du secteur, elle est constamment enrichie par les membres de la communauté Future of Waste via une base de données de porteurs de solutions et de références.

 

Cette boîte à outils contient une diversité de contenus et d'outils :

  • Des fiches solutions pour 12 flux de déchets, avec des articles, vidéos et fiches
  • Une méthodologie en 10 étapes et des outils associés
  • Des témoignages d'organisations qui ont fait évoluer leurs pratiques.
  • Une base de données de fournisseurs et projets circulaires.

 

Si vous souhaitez vous engager dans une démarche accessible de gestion responsable des déchets, venez découvrir la toolbox !

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